Depuis plusieurs mois, de nombreuses tribunes annonçant le déclin et la fin prochaine de l’ERP fleurissent sur internet.
Le progiciel de gestion intégré appartiendrait à une époque révolue et n’aurait plus sa place dans les entreprises, remplacé par différentes solutions chacune spécialisées dans un domaine.

On oppose en effet depuis plusieurs années 2 approches. Celle dite “intégrée”, qui correspond aux solutions ERP, c’est à dire avoir un logiciel unique qui gère les différentes fonctions principales d’une entreprise comme la facturation, la comptabilité, la production, la paie…
Et l’approche “best of breed” qui consiste à choisir plusieurs logiciels spécialisés chacun dans une ou deux fonctions/domaines.

Avec la multiplication d’acteurs spécialisés sur quelques briques logicielles particulières, des voix s’élèvent, non sans parti-pris, pour remettre en cause les bénéfices des solutions unifiées. Mais d’où vient la défiance envers les ERP ? Est-elle justifiée ?

Les limites des ERP traditionnels

Il est vrai que les ERP ont une réputation assez sulfureuse, et parfois à raison. Véritablement démocratisé au cours des années 90, le progiciel de gestion intégré a su s’imposer dans de nombreuses entreprises grâce à ses qualités et les gains de productivité qu’il promettait. Mais au fil du temps, les griefs à son égard sont devenus de plus en plus nombreux.
Qui n’a pas déjà entendu le récit d’un projet d’ERP qui s’est mal passé ? Parmi les principaux reproches faits aux ERP, on entend souvent parler de rigidité, de coûts élevés, d’incapacité à évoluer rapidement au rythme de l’entreprise et d’interfaces lourdes et vieillissantes.

Ces reproches ne sont pas injustifiés, et reposent sur des retours empiriques de diverses DSI et directions métiers. L’ERP traditionnel tel qu’on l’a connu pendant une vingtaine d’années n’est en effet plus adapté au monde économique actuel, de plus en plus concurrentiel, nécessitant d’adapter rapidement ses processus métiers face à la concurrence de nouveaux acteurs disruptifs dans de nombreux secteurs d’activités.

Des alternatives de nouvelle génération apparaissent

Les acteurs historiques du secteur ont commencé à prendre en compte les critiques et font des efforts pour faire évoluer leurs produits.
De nouvelles solutions technologiquement innovantes sont également apparues sur le marché. Véritables alternatives aux ERP traditionnels, elles proposent des interfaces agréables, simples d’utilisation.

Les principales évolutions qu’elles apportent concernent l’évolutivité. Là où un ERP classique de part sa rigidité imposait aux entreprises d’adapter ses processus métiers au logiciel sans pouvoir les changer, les nouvelles solutions apportent une plus grande flexibilité.

Grâce à des outils intégrés comme des plateformes de développement (BPM, RAD…), les applications métiers peuvent désormais évoluer au rythme des besoins métiers beaucoup plus rapidement, évitant les développements spécifiques longs et coûteux des logiciels de gestion traditionnels.

L’approche intégrée est toujours pertinente

S’il est normal de remettre en cause certains aspects des ERP traditionnels, l’intérêt d’avoir un seul système global et unifié est toujours d’actualité.
La cohérence des informations est garantie, les utilisateurs ne se connectent qu’à une seule interface et l’entreprise ne doit pas souscrire à une multitude d’abonnements.

L’approche qui consiste à ne prendre que des logiciels spécialisés peut paraître attrayante au premier abord, mais la création de silos que cela entraîne peut être problématique.
De nombreuses interfaces ont été créés mais faire communiquer les solutions entre elles n’est pas toujours aussi simple et peut se révéler complexe.

Le coût d’achat ou d’abonnement à plusieurs logiciels peut également devenir coûteux, notamment pour une PME.

Les deux approches ne sont toutefois pas antinomiques, et opter pour une solution intégrée avec une ou deux applications spécialisées autour peut avoir du sens.

L’ERP est donc loin d’avoir dit son dernier mot, même si la terminologie semble aujourd’hui avoir une connotation négative. Si le progiciel de gestion tel qu’on l’a connu ces 20 dernières années n’était plus vraiment adapté aux nouvelles réalités économiques, les nouvelles versions de ces puissantes solutions sont en train de s’imposer sur le marché.

Le terme d’ERP n’est peut-être plus approprié et devrait peut-être être modifié pour marquer la différence entre l’ancienne et la nouvelle génération de logiciels, mais le principe d’une suite tout-en-un pouvant gérer les principaux processus métiers au sein d’un système unifié perdure et garde tout son sens. Les éditeurs ont pris conscience des limites des ERP traditionnels et adaptent désormais leurs solutions pour répondre aux nouveaux défis des entreprises.